Avec l’arrivée de l’automne ou de l’hiver, certaines personnes remarquent un changement dans leur humeur. Les journées raccourcissent, la lumière naturelle diminue, le ciel devient parfois plus gris, les températures baissent et le rythme quotidien se modifie. On peut alors ressentir davantage de fatigue, une baisse de motivation ou simplement une certaine tristesse.
Mais faut-il pour autant parler de dépression ? Pas nécessairement.
Nos émotions évoluent en fonction de nombreux facteurs, et le changement de saison peut effectivement influencer notre humeur et notre manière de vivre le quotidien. L’important est d’apprendre à observer ce qui se passe en soi, sans banaliser une souffrance qui deviendrait trop importante.
Pourquoi le changement de saison peut-il influencer notre humeur ?
Nous ne vivons pas indépendamment de notre environnement. La lumière naturelle, le rythme du sommeil, les températures, les activités quotidiennes et notre vie sociale peuvent tous participer à notre équilibre psychique. Lorsque les journées deviennent plus courtes, nous sommes naturellement exposés à moins de lumière extérieure. Nous pouvons également avoir tendance à sortir moins, à passer davantage de temps à l'intérieur et à réduire certaines activités que nous pratiquions pendant les beaux jours. L'été est souvent associé aux sorties, aux rencontres, aux vacances et à davantage de temps passé à l'extérieur. L'automne et l'hiver peuvent, pour certaines personnes, être vécus comme une période de ralentissement. Ce changement de rythme peut être agréable pour certains et plus difficile pour d'autres. On peut alors avoir l'impression de manquer d'énergie, d'avoir davantage envie de dormir ou de rester chez soi.
Cela ne signifie pas automatiquement qu'il existe un trouble psychologique.
Une baisse de moral n'est pas nécessairement une dépression
Il est important de ne pas confondre une variation de l'humeur avec un trouble dépressif. Nous ne sommes pas censés être heureux et motivés de manière constante. Notre humeur peut varier au cours des saisons, des semaines et même d'une journée à l'autre.
Il est donc possible d'avoir quelques journées plus difficiles, de ressentir de la nostalgie lorsque l'été se termine ou d'avoir moins d'énergie sans que cela constitue une pathologie.
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Quelques questions peuvent être utiles :
- Depuis combien de temps est-ce que je me sens ainsi ?
- Est-ce que cette baisse de moral revient chaque année ?
- Est-ce que j'arrive encore à prendre plaisir à certaines activités ?
- Est-ce que je continue à voir mes proches ?
- Mon sommeil ou mon appétit ont-ils beaucoup changé ?
- Est-ce que je parviens encore à travailler ou à étudier normalement ?
- Est-ce que je me sens simplement moins énergique ou réellement envahi par une souffrance importante ?
Ces questions ne permettent pas de poser un diagnostic, mais elles peuvent aider à mieux observer son état.
Le changement de lumière et le rapport au quotidien
La lumière occupe une place particulière dans notre quotidien. Lorsque le ciel est gris et que les journées sont plus courtes, nous pouvons avoir le sentiment que la journée « passe » plus rapidement. Le fait de rentrer chez soi (ainsi que sortir de chez soi le matin) alors qu'il fait déjà nuit peut également modifier notre perception du temps. Certaines personnes ressentent alors davantage le besoin de rester chez elles. Il peut être tentant de s'enfermer progressivement dans un rythme où l'on sort moins, où l'on voit moins de monde et où l'on abandonne certaines activités. C'est justement à ce moment qu'il peut être intéressant de rester attentif à son fonctionnement. Ne pas avoir envie de sortir un soir est une chose. Renoncer progressivement à tout ce qui nous faisait du bien en est une autre.
Continuer les habitudes qui nous font du bien
Lorsque le moral baisse, notre première réaction peut être de nous retirer. Pourtant, maintenir certaines habitudes peut constituer un soutien important. Continuer à bouger, sortir, voir des proches, prendre l'air, conserver un rythme de sommeil relativement régulier ou continuer certaines activités plaisantes permet de maintenir des repères. Il ne s'agit pas de se forcer à être heureux. Il s'agit plutôt de ne pas laisser progressivement disparaître toutes les sources de plaisir et de lien. Une promenade peut sembler anodine. Prendre un café avec une personne que l'on apprécie peut sembler anodin. Lire, cuisiner, écouter de la musique, pratiquer une activité physique ou simplement sortir quelques minutes peuvent également sembler anodins. Pourtant, ces petits moments participent à notre quotidien et à notre équilibre.
Profiter de la lumière extérieure
Même lorsque le ciel est couvert, la lumière extérieure reste présente. Lorsque cela est possible, il peut être intéressant de sortir pendant la journée plutôt que de passer toute la journée à l'intérieur. Une promenade pendant la pause déjeuner, un trajet effectué à pied ou quelques minutes passées dehors peuvent permettre de maintenir un contact avec la lumière naturelle et avec l'environnement extérieur.
L'idée n'est pas de rechercher absolument le soleil. Même une journée nuageuse reste une journée extérieure. Et parfois, le simple fait de sortir de son environnement habituel permet également de rompre avec une impression d'enfermement.
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Lorsque l'été se termine, certaines personnes ont tendance à penser : « Maintenant, il va falloir attendre plusieurs mois avant que ça aille mieux. ». Cette représentation peut accentuer le sentiment de subir la saison. Or, chaque période de l'année peut également avoir ses propres plaisirs. Créer de nouveaux rituels peut être une manière d'accompagner le changement : préparer un repas que l'on aime, retrouver certaines personnes, aménager son intérieur, lire, découvrir une nouvelle activité ou simplement s'accorder davantage de moments de repos.... Il ne s'agit pas de nier ce qui est difficile, mais de continuer à investir ce qui peut apporter du plaisir et du sens dans le quotidien.
Quand faut-il être davantage vigilant ?
Il peut être utile de demander un avis professionnel lorsque la baisse de moral devient importante, durable ou répétitive. Une souffrance saisonnière peut parfois s'inscrire dans un trouble affectif saisonnier, mais seul un professionnel peut évaluer la situation dans son ensemble. Une vigilance particulière est nécessaire lorsque l'on observe une perte importante d'intérêt ou de plaisir, une fatigue très marquée, des troubles importants du sommeil ou de l'appétit, un isolement progressif, une dévalorisation importante ou une difficulté à fonctionner dans la vie quotidienne. Dans ces situations, il ne s'agit plus simplement de dire : « C'est l'hiver, c'est normal. » ==> La saison peut influencer notre humeur, mais elle ne doit pas devenir une explication qui conduit à banaliser une souffrance importante.
Et si l'on essayait simplement d'écouter ce que cette période nous fait vivre ?
Le changement de saison peut être l'occasion de ralentir et d'observer son propre rythme. Comment est-ce que je me sens lorsque les jours raccourcissent ? Qu'est-ce qui me fait du bien ? Qu'est-ce que j'ai tendance à abandonner lorsque mon moral baisse ? De quoi ai-je besoin pour continuer à prendre soin de moi ? ... Il n'est pas nécessaire de lutter contre chaque émotion désagréable. La tristesse, la fatigue ou le besoin de ralentir peuvent parfois faire partie de notre expérience humaine. L'enjeu est plutôt de rester attentif à ce qui se passe, afin de ne pas s'enfermer progressivement dans une souffrance qui prendrait trop de place.
En conclusion
Le changement de saison peut effectivement s'accompagner de modifications de l'humeur. Moins de lumière, des journées plus courtes, un changement de rythme et une diminution des activités extérieures peuvent influencer notre énergie et notre moral. Ressentir une baisse de moral à l'automne ou en hiver ne signifie donc pas automatiquement que l'on souffre de dépression. Cependant, la fréquence, la durée, l'intensité et l'impact sur la vie quotidienne restent des éléments importants à observer. Continuer à sortir, profiter de la lumière extérieure, préserver ses liens sociaux, maintenir certaines habitudes et s'accorder des moments de plaisir sont autant de manières de prendre soin de soi. Et si la tristesse devient trop présente, trop intense ou trop durable, il est important de ne pas rester seul avec ce que l'on ressent et de pouvoir en parler à un professionnel.
A bientôt pour un prochain article !

